Garantie des soins de base
Lors d’une pandémie, des tâches supplémentaires incombent aux cantons et aux fournisseurs de prestations, qui sont chargés de garantir les soins de base. Une planification ciblée, une augmentation des ressources et des offres d’appui aident à éviter les surcharges.
Les cantons et les fournisseurs de prestations sanitaires planifient l’augmentation des ressources en personnel et la constitution de réserves de matériel nécessaires dans la perspective d’une pandémie. L’appel à des prestataires déjà existants tels que les pharmacies ainsi que la création de nouvelles offres telles que des centres de dépistage ou de vaccination peuvent décharger certains fournisseurs de prestations, comme les cabinets médicaux.
Personnel
Lors d’une pandémie, le besoin en ressources humaines supplémentaires constitue le plus grand défi auquel sont confrontés les prestataires de soins (de base). Les mesures concernant les ressources en personnel figurent sous Personnel.
Matériel
Les fournisseurs de prestations, à qui il incombe, en cas de pandémie, d’assurer l’approvisionnement de leur institution en matériel, doivent prendre ces besoins en compte dans leur planification. Quant aux autorités, elles peuvent le cas échéant apporter leur soutien (voir Sécurité de l’approvisionnement).
Durant la pandémie de COVID-19, l’approvisionnement en matériel a posé des problèmes, du moins à certains moments. Parfois, le système de santé a manqué non seulement de matériel de protection et de désinfectant (voir Équipement de protection et désinfection), mais aussi de lits, de literie et de linges de toilette, de vêtements de travail et de chemises de patients ainsi que d’articles d’hygiène personnelle tels que savon ou papier toilette. Durant la pandémie de COVID-19, on a aussi pratiquement épuisé les réserves de solutions de perfusion (tubulures, aiguillles, seringues, etc.), de matériel de ventilation non invasive (p. ex. masques à oxygène) ainsi que de ventilation invasive (ventilateurs, appareils à ECMO), et les laboratoires ont manqué de matériel d’analyse.
Augmentation des capacités
Lors d’une pandémie, les autorités cantonales et les fournisseurs de prestations doivent proposer de nouvelles prestations là où cela s’avère nécessaire et répartir au mieux les ressources supplémentaires entre les fournisseurs de prestations. Une étroite collaboration est indispensable pour une utilisation optimale des ressources.
L’objectif en la matière est que seules les personnes ayant besoin d’un traitement médical consultent en cabinet ou aux urgences. L’accès aux structures de soins ordinaires doit être préservé autant que possible tout au long de la pandémie, pour éviter par exemple des diagnostics tardifs de tumeurs ou de longs temps d’attente pour des traitements ou opérations de patients souffrant fortement. Il faut aussi continuer à prendre en charge les malades vulnérables ou chroniques et à assurer un suivi adéquat aux femmes enceintes et aux parturientes. Cela implique aussi la possibilité qu'un proche soit présent auprès de ces patients. Les soins psychiatriques et psychothérapeutiques faisant partie des soins de base, les personnes qui souffrent de troubles ou de maladies psychiques doivent elles aussi pouvoir suivre des thérapies même durant une pandémie.
Si les capacités de traitement sont insuffisantes et qu'une augmentation des prestations n'est pas possible, il convient de garantir les meilleurs soins possibles au plus grand nombre de personnes. Pour ce faire, il s’agit de définir quels traitements doivent être maintenus et quelles normes de traitement peuvent être abaissées. En dernier recours, on serait amené à appliquer les mesures de triage médical de la médecine de catastrophe. Les mesures visant à soulager les patients non traités – allant du confort aux soins palliatifs – jouent ici un rôle essentiel.
Afin d’inclure dans les réflexions l’accompagnement des personnes souffrant de maladies incurables ou en fin de vie, on veillera à ce que les connaissances en soins palliatifs aient leur place dans les structures organisationnelles. Ces connaissances sont essentielles pour aider à la prise de décisions, soulager les symptômes les plus graves, planifier les traitements et garantir un suivi intégral aux patients et à leur entourage. En fin de vie, les patients doivent notamment pouvoir recevoir la visite de leurs proches. Il convient aussi de s’enquérir suffisamment tôt auprès des personnes résidant en maisons de retraite ou en homes médicalisés si elles souhaitent ou non être hospitalisées au cas où elles tomberaient malades.
Le triage médical par téléphone ainsi que les services d’aide et de soins à domicile réduisent la charge de travail des hôpitaux et des cabinets médicaux ainsi que le risque d’exposition pour les patients et le personnel. Une bonne communication est importante afin d’éviter que des patients reportent des rendez-vous médicaux, des vaccinations, des traitements en hôpital ou d’autres prises en charge urgentes ou même y renoncent, par crainte de la contagion.
Les pharmacies et les centres de télémédecine assument certaines tâches des autres fournisseurs de prestations. Des centres de dépistage et de vaccination provisoires peuvent assurer une partie des tests et des vaccinations à la place des fournisseurs de prestations ordinaires. De plus, la Confédération, les cantons ainsi que les associations et les sociétés de discipline médicale des fournisseurs de prestations informent en continu la population des changements dans les soins, afin d’éviter que le personnel de santé doive passer un temps précieux à répondre à une foule de questions. Quant aux fournisseurs de prestations, ils contribuent eux aussi à diminuer le nombre de questions posées, en communiquant directement avec leur patientèle.