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Publié le 1 juillet 2025

Compétences

La Confédération, les cantons et, selon l’ampleur de la crise, une multitude d’autres acteurs participent à la préparation à une pandémie et à sa gestion. Leurs rôles sont définis ici. Les différents acteurs ont, pour la plupart, rédigé eux-mêmes les descriptions détaillées correspondantes.

Modèle circulaire

Les organisations impliquées dans la préparation à une pandémie et dans sa gestion s’inscrivent dans un modèle à trois cercles concentriques illustré par la Figure 1.

Trois cercles imbriqués sont représentés. Le cercle intérieur symbolise la responsabilité professionnelle et stratégique, le cercle du milieu le soutien et le cercle extérieur la consultation.

Organisations compétentes (premier cercle)

Ces organisations assument la principale responsabilité politique, stratégique et technique de la préparation à une pandémie et de sa gestion. Par principe, elles sont intégrées d’emblée à l’organisation de crise de l’administration fédérale.

L’organisation de base de gestion de crise (OBGC) assure la coordination au niveau fédéral. Les cantons se coordonnent par le biais de la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC), de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) et des organes de conduite des cantons. En cas de pandémie, la Confédération et les cantons intensifient leurs échanges au niveau stratégique.

Pendant une pandémie, l’échange opérationnel entre la Confédération et les cantons est renforcé, dans la mesure où l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et les médecins cantonaux augmentent la cadence des conférences téléphoniques, lesquelles se tiennent une fois par mois en temps normal. D’autres canaux d’échange tels que des groupes de suivi sont créés en fonction de la situation, par exemple entre l’état-major de crise opérationnel (EMOP) et les états-majors de crise cantonaux, les pharmaciens cantonaux, les médecins cantonaux ou la CDS.

La liste exhaustive des organisations assumant une responsabilité stratégique et technique ainsi que leurs tâches, leurs compétences et leurs responsabilités figurent ci-après.

Organisations intervenant en soutien (deuxième cercle)

Ces organisations soutiennent la mise en œuvre des mesures et des recommandations. Elles veillent à ce que les travaux relevant de leurs domaines de compétence soient effectués. Elles incluent, par exemple, les sociétés médicales qui participent à l’élaboration des recommandations nationales ou qui soutiennent leur application.

La partie concernant l’organisation de crise de l’administration fédérale décrit leur rôle dans cette structure de la Confédération. En fonction du scénario, elles font partie d’un groupe de travail de l’EMOP ou sont simplement consultées.

La liste exhaustive des organisations intervenant en soutien figure ci-après.

Autres organisations à consulter (troisième cercle)

Cette catégorie comprend les organisations qui, en fonction du scénario ou du degré de gravité d’une pandémie, sont concernées par des mesures ou jouent un rôle dans la gestion de la crise. Elles sont responsables (et sont laissées juges) de la préparation au sein de leurs propres structures, par exemple de leurs organisations membres.

Ces organisations ne sont pas directement impliquées dans la préparation à une pandémie. Elles peuvent être invitées à participer aux consultations sur la définition et l’aménagement des mesures qui les concernent.

Une liste non exhaustive de ces organisations figure ci-après.

La Liste de contrôle « Préparation à une pandémie : donner un caractère obligatoire au dispositif » aide l’ensemble des organisations impliquées à ancrer leur rôle et leurs tâches de manière contraignante au sein de leur institution.

Organisations compétentes: Confédération

Les services assumant une responsabilité stratégique et technique (premier cercle sur la Figure 1) sont intégrés dans l’organisation de crise de l’administration fédérale en fonction de la gravité de la pandémie et du scénario.

Niveau politique

À l’échelon fédéral, le niveau politique se compose du pouvoir exécutif (Conseil fédéral et administration fédérale) et du pouvoir législatif (Parlement, commissions). La Chancellerie fédérale est chargée de coordonner ces deux pouvoirs. À l’échelon cantonal, le gouvernement cantonal (en général appelé Conseil d’État) constitue le pouvoir exécutif, tandis que le parlement cantonal représente le pouvoir législatif.

Conseil fédéral

Les compétences du Conseil fédéral, décrites dans les art. 180 à 187 de la Constitution fédérale, restent valables dans la préparation à une pandémie et dans sa gestion : le Conseil fédéral constitue l’autorité de conduite et d’exécution suprême de la Confédération. Il propose les lois et édicte les ordonnances, analyse en permanence la situation politique, fixe les objectifs, les stratégies et les ressources des pouvoirs publics, planifie et coordonne les actions de l’État et représente la Confédération en Suisse et à l’étranger.

Les compétences dont dispose le Conseil fédéral dans le cadre de la préparation à une pandémie et de sa gestion découlent des lois et ordonnances applicables. Ce sont en particulier les suivantes :

  • fixer, avec le concours des cantons, des objectifs et des stratégies visant à détecter, à surveiller, à prévenir et à combattre les maladies transmissibles (art. 4 LEp) ;
  • donner des consignes en matière de déclaration (art. 12 s LEp) et en vue de prévenir les maladies transmissibles (art. 19 LEp) ;
  • mettre en place puis dissoudre l’état-major de crise politico-stratégique (EMPS ; art. 3 et 4 de l’ordonnance sur l’organisation de crise de l’administration fédérale, OCAF) ;
  • désigner le département responsable (art. 3, al. 1, OCAF) ;
  • dans une situation particulière, ordonner des mesures visant des individus et la population, astreindre les médecins et d’autres professions de la santé à participer à la lutte contre les maladies transmissibles et déclarer obligatoires des vaccins pour certains groupes de population (art. 6 LEp) ;
  • ordonner les mesures nécessaires pour combattre la maladie en cas de situation extraordinaire (art. 7 LEp) ;
  • édicter des dispositions concernant le transport international de personnes (art. 41 LEp) ;
  • assurer l’approvisionnement de la population avec les produits thérapeutiques appropriés les plus importants en matière de lutte contre les maladies transmissibles (art. 44, al. 3, LEp) ;
  • édicter des dispositions sur l’attribution, la distribution, la simplification de l’importation et la limitation ou l’interdiction de l’exportation de produits thérapeutiques ainsi que sur la constitution de réserves de ces produits dans les hôpitaux et autres institutions sanitaires (art. 44, al. 2, LEp) ;
  • prévoir des mesures visant à approvisionner les Suisses de l’étranger en produits thérapeutiques (art. 44, al. 3, LEp).

Offices et services fédéraux

Les services de la Confédération assumant une responsabilité stratégique et technique sont chargés à la fois de la préparation à une pandémie et de sa gestion. Les offices spécialisés (p. ex. OFSP) sont tenus d’élaborer et de mettre en œuvre les concepts, stratégies, scénarios, plans et listes de contrôle correspondants.

Organisations compétentes: cantons

Les cantons sont chargés d’exécuter la LEp ; ils s’assurent que leur système de santé est prêt à faire face à une pandémie. À cette fin, ils élaborent des plans d’urgence ou de pandémie à partir des bases correspondantes de l’OFSP.

Le plan cantonal de pandémie comprend la définition des tâches, des rôles, des compétences et des responsabilités des acteurs clés essentiels dans la lutte contre la pandémie. Il distingue les différentes phases de l’événement, qu’il s’agisse de se préparer à une pandémie, de gérer une pandémie ou de gérer une crise :

  • concept d’organisation et de réalisation de la vaccination et du traçage des contacts ;
  • concept portant sur le maintien (partiel) des soins de base et des soins hospitaliers, et processus d’affectation des capacités de traitement ;
  • règles contraignantes pour les entreprises et les fournisseurs de prestations du système de santé quant à l’achat et la gestion de la réserve de biens médicaux et de matériel de protection. Pour ce qui est des administrations et des institutions sociales, c’est aux cantons d’apprécier s’il convient de définir des directives contraignantes ou des recommandations ;
  • concept de vaccination présentant les diverses possibilités locales de vaccination et des explications concernant les groupes cibles ;
  • concept de test pour les équipes mobiles et fixes avec un protocole simple de test, de confirmation et d’information ;
  • concept de données prévoyant une interface avec la Confédération ;
  • autres sujets pertinents pour la planification : gestion des flambées, concepts de protection, communication de crise interne et externe.

Si une pandémie menace d’éclater, les cantons doivent rapidement intensifier les échanges et la coordination entre eux comme avec la Confédération et les communes pour assurer la cohérence dans l’évaluation de la situation et la définition d’éventuelles mesures.

En outre, les cantons organisent les ressources financières et humaines nécessaires à l’échelon cantonal. Si un soutien humain subsidiaire de la part d’autres cantons ou de la Confédération est nécessaire, les organes de conduite cantonaux sont désormais chargés d’assurer, le cas échéant, la coordination intercantonale des ressources humaines de la protection civile (p. ex. via un état-major restreint chargé de la gestion cantonale des ressources, ResMaK) avant d’éventuellement demander des ressources relevant de l’armée et/ou du service civil.

En cas de situation particulière ou extraordinaire, les cantons exécutent les mesures ordonnées par le Conseil fédéral (art. 102, al. 2, OEp). Ils garantissent la coordination et la communication avec les communes via les états-majors de crise cantonaux ou les organes de conduite cantonaux (OCC). L’organisation de l’exécution n’est pas réglée uniformément dans les cantons.

En vertu de la LEp, dans les cantons, les médecins cantonaux et leurs services coordonnent les mesures médicales de prévention et de lutte contre une pandémie, en collaboration avec les responsables SSC cantonaux. Ils font le lien entre la Confédération (OFSP) et les cantons ainsi qu’entre santé publique et santé individuelle. Ils s’accordent également avec d’autres services dans leurs cantons, par exemple avec les pharmaciens cantonaux sur l’approvisionnement en biens médicaux. Quelle que soit la situation, ils restent en contact direct et régulier avec l’OFSP grâce aux téléconférences.

Selon les besoins et les prérequis cantonaux, d’autres organes (organes de conduite cantonaux ou OCC, équipes de projets) sont impliqués en fonction du niveau d’escalade de la situation pour assumer, administrer et coordonner l’exécution des mesures à l’échelon cantonal. Le SSC est impliqué chaque fois que la situation escalade afin de coordonner l’approvisionnement médical.

Les tâches et les compétences des cantons ainsi que la coordination et la collaboration entre cantons ou entre la Confédération et les cantons se basent sur le modèle de situations de la LEp.

Tâches relevant de la préparation à une pandémie

  • Les cantons prennent les mesures préparatoires dans leur domaine de compétence afin de prévenir et de limiter au plus vite les menaces pour la santé publique ; ils élaborent des plans cantonaux de pandémie se fondant sur les principes fédéraux.
  • Les cantons sont responsables de l’approvisionnement en biens médicaux importants : ils mettent en place les préparatifs nécessaires à cet effet et assurent leur cohérence avec les travaux préparatoires de la Confédération visant à garantir l’approvisionnement.
  • Les cantons créent des plans cantonaux de pandémie et des listes de contrôle destinées aux administrations publiques (commune/canton), etc.
  • Les cantons préparent les systèmes de santé cantonaux à une pandémie en élaborant et en mettant à disposition les instruments nécessaires.
  • Les cantons coordonnent les activités d’exécution avec les communes.
  • Les cantons impliquent les communes et communiquent avec elles.
  • Les cantons et les conférences intercantonales concernées contribuent à la fixation des objectifs et des stratégies pour la préparation à une pandémie et sa gestion.
  • Les conférences ou associations spécialisées soutiennent la coordination intercantonale ; elles sont en contact régulier avec la CDS et les offices fédéraux correspondants.
  • Les canaux ordinaires garantissent les échanges entre la Confédération et les cantons (Dialogue confédéral thématique, dialogue Politique nationale de la santé ou séances ordinaires entre la CDS et le DFI/l’OFSP, organe de coordination LEp, téléconférences entre l’OFSP et les médecins cantonaux).

Tâches relevant de la gestion d’une pandémie

Situation particulière

  • Les cantons assurent l’organisation de crise cantonale ainsi que les capacités et les ressources nécessaires pour surmonter la crise.
  • Ils se chargent d’approvisionner la population en biens médicaux importants ou de distribuer ces derniers s’ils ont été achetés par la Confédération.
  • En situation particulière aussi, les cantons sont chargés d’ordonner des mesures de prévention et de lutte contre la pandémie, à condition que le Conseil fédéral n’ait pas déjà pris de mesures dans ce sens. Si la situation épidémiologique l’exige, les cantons édictent des mesures plus poussées que celles prises par le Conseil fédéral.
  • En vertu de l’ordonnance sur l’organisation de crise de l’administration fédérale (OCAF), les conférences ou organisations spécialisées compétentes collaborent avec la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC) et les autorités fédérales compétentes.

Situation extraordinaire

  • En cas de situation extraordinaire, la Confédération est surtout tenue d’édicter des mesures, dont l’exécution incombe aux cantons.
  • La coordination intercantonale est garantie de la même façon qu’en cas de situation particulière, avec des échanges plus fréquents si nécessaire. Malgré les vastes compétences de la Confédération, une communication étroite entre celle-ci et les cantons est indispensable dans une situation extraordinaire.

La Liste de contrôle « Planification des pandémies par les cantons » (voir les informations complémentaires plus bas) définit les éléments fondamentaux de la préparation à une pandémie. Elle constitue un outil dans l’élaboration et le contrôle des plans de pandémie cantonaux pour ce qui est du degré de préparation à une pandémie et de la compatibilité avec le Plan de pandémie de la Confédération. Lorsque c’est nécessaire, cette liste de contrôle prend en compte le manuel pour la préparation des entreprises ainsi que les directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Organisations intervenant en soutien

Départements, offices et services fédéraux

Autres organisations intervenant en soutien

Autres organisations à consulter

Les organisations ci-après sont à impliquer dans la gestion de la pandémie de manière variable selon les scénarios. On peut les consulter lors de la préparation afin de planifier des mesures qui répondent au mieux aux besoins, qui soient adaptées aux groupes cibles et qui soient simples à mettre en œuvre. Ces organisations s’impliquent au sein de leurs propres structures (p. ex. fédérations).

La liste suivante, présentée par ordre alphabétique, n’est pas exhaustive.

  • Institutions de formation (établissements de la scolarité obligatoire, écoles professionnelles, universités, etc.)
  • Cultura, association faîtière des institutions culturelles de Suisse
  • Commerce de détail : Union suisse des arts et métiers (USAM), Swissretail, VELEDES, Coop, Migros, Fenaco, Aldi, Lidl
  • Branche du fitness : swiss active, Fédération suisse des centres fitness et de santé (FSCFS)
  • GastroSuisse, Fédération de l’hôtellerie et de la restauration
  • Industrie pharmaceutique (Interpharma)
  • Remontées mécaniques Suisse
  • Fédérations sportives, par exemple Swiss Olympic, Swiss Football League, Swiss Ice Hockey Federation, SwissTopSport
  • Branche du tourisme
  • Entreprises de transport (Union des transports publics UTP, ASTAG, etc.)
  • Autres

Informations complémentaires